Céline a commencé à quinze ans ses études de coiffure, à Rennes, à l’Académie Jacques Bedfert. Simultanément, pendant son BP, elle travaillait dans un salon de coiffure, toujours à Rennes, puis dans un deuxième salon, avant de poser sa candidature comme formatrice, et d’être acceptée chez Régis France, à Paris.
A 21 ans donc, Céline commence son métier, fascinée par l’ampleur des nouveautés et des prolongements d’une profession qu’elle n’avait abordée que sous l’angle du salon, certes enrichissant, mais souvent répétitif.
La première épreuve passée, l’entretien d’embauche, Céline, ayant vaincu sa timidité, se retrouva au sein de l’équipe de formation, la meilleure façon de ne pas se "cantonner" à un seul aspect du métier. Paris, une équipe de pointe, un grand groupe ouvert sur toutes les techniques et aussi une équipe artistique dont Céline fit partie, elle ne pouvait rêver mieux- justement - ses rêves ? La communication, le travail d’équipe, l’engouement d’un travail passionnant et sans cesse renouvelé, technique et art confondus.
Céline a 24 ans maintenant, trois ans d’ancienneté, et toujours le même enthousiasme. Elle participe chaque année au show représentatif des tendances pour Régis France Corporation, le côté « spectacle » présente un grand attrait, une dimension unique à l’expression de la coiffure. C’est tout un monde imaginaire qui émerge avec les images multiples de la beauté mises en scène. Monter un spectacle est encore un nouvel aspect de la création en coiffure qu’elle n’avait pas imaginé.
Au niveau de l’enrichissement personnel, comme le propose tout métier touchant l’esthétique et l’art, Céline n’eut rien à regretter, aussi bien dans l’apprentissage du métier même, qu’avec ses « dérivés » : communication, pédagogie, culture du beau, et lien étroit avec les autres. Cette dimension est aussi ultra séduisante : les rencontres, l’impression de pouvoir intervenir dans la trajectoire des élèves de tout âge, (la formation est permanente dans la coiffure), en transmettant l’amour du métier, le multiplicité des techniques, et l’information immédiate en matière de produits.
Laure Lagrange (L.G.) : Quel chemin depuis le début ! Vous êtes transformée !
Oui, j’ai appris aussi à parler…C’est très important : s’exprimer et rendre accessible ainsi mes émotions, les transmettre…Il y un aspect psychologique dans tout enseignement – un facteur humain, donnée abstraite certes, mais apprendre les mécanismes de la pensée c’est aussi un plus des professions qui fonctionnent avec un public. S’adapter aux exigences des autres et imposer malgré tout son style !
L.G. : Quel domaine vous préférez ?
La coupe. Ma spécialité, et bien sûr cela demande aussi un sens de l’esthétique « global ». Une coupe doit s’adapter à un visage. Rien ne se construit hors contexte. Je conseille, et crée dans la mesure du possible la coupe idéale pour tel visage. Le sens du « look » est recommandé ! Mais tout s’apprend !
Parfois, les "élèves" sont démotivés, je voudrais tellement leur transmettre les possibilités infinies qui leur sont offertes. Leur redonner le sens et l’envergure d’un tel métier, car parfois, c’est l’enseignement d’autres méthodes, d’autres procédés, de nouvelles techniques qui peuvent redonner l’envie de se replonger dans la carrière avec un point de vue différent, ouvert à nouveau vers l’avenir.
Je travaille pour plusieurs marques chez Régis Corporation : Saint – Algue, Coiff and Co, City Look, Intermède. Chaque marque a ses "tendances", son style.
L.G. : Le ou les mots de la fin, Céline ?
Tout un chacun a du talent, le tout est de le savoir, et le mettre en valeur.
Transmettre, communiquer, c’est un cadeau. Mais, "Aussi excellent que soit votre professeur, il ne pourra que vous montrer le chemin, il ne fera pas le voyage à votre place !" Principe bouddhiste dont l’exactitude n’est plus à démontrer…
Propos recueillis par Laure Lagrange.