William a suivi un cursus tout à fait classique.
Apprentissage très jeune dans un Salon de coiffure, puis CAP de coiffure. Ensuite la progression classique d’un coiffeur lambda – avec un stage en Angleterre, chez Vidal Sassoon , une référence culturelle dans le domaine de la coiffure - puis enfin nommé premier coiffeur dans un salon, tout en étant formateur free-lance.
De free lance, William est devenu formateur à plein temps et directeur artistique de la marque Intermède. Puis directeur artistique des marques City Looks, Coiff and Co et Intermède acquises par le Groupe Régis.
Le métier de Directeur artistique, William ?
Les directeurs artistiques sont là pour créer les tendances, interpréter les tendances de demain, qui deviendront celles d’aujourd’hui, et les mettre en images, les rendre techniquement réalisables. Bien sûr à chaque tendance, nouvelle technique, nouvelles couleurs, nouveaux matériaux. L’important est de retransmettre ces techniques. Lorsque l’on maîtrise cet aspect professionnel du métier, l’art est beaucoup plus facile : prenez un peintre si il sait dessiner, sa peinture sera beaucoup plus libre. Les bases sont le B à BA de l’aisance artistique.
Le rôle de créatif doit tenir compte de cet aspect du métier – de l’aspect technique – et ensuite communiquer toutes les donnes nécessaires pour créer. Le directeur Artistique, formateur et créateur, pour présenter une marque, devient réalisateur. Les shows en effet sont la représentation symbolique des tendances. C’est là que se situe le moment le plus délicat pour un directeur Artistique, faire passer une mode, une tendance, à l’aide d’images vivantes, - chorégraphie, musique, décor, costumes et trame du show soutenu par un thème porteur et d’actualité – Show réalisé une fois par an pour les marques et la représentation des tendances.
Un show, vous le pensez et le réalisez de A jusqu’à Z ?
Absolument, c’est passionnant. Je commence par l’écrire, un véritable scénario, puis je pense aux scènes, au déroulement, à la chorégraphie, au décor, c’est aussi un grand travail d’équipe - c’est ce qui me motive le plus. Le facteur humain est déterminant en Art, la confrontation de plusieurs sensibilités, l’échange, le travail d’équipe. L’équipe de coiffure artistique (des marques) en place pour le show, je l’ai en général suivi toute l’année, c’est donc aussi le résultat d’un enseignement et d’une complicité.
La construction d’un show ?
D’abord un casting pour choisir les acteurs du show.
Beaucoup de corps de métiers sont sollicités ensuite : stylistes, chorégraphes, danseurs (ses), décorateurs, maquilleurs, mannequins, coiffeur (ses).
Une fois l’équipe constituée le travail peut commencer. Tâtonnement, recherche, hasard, surprise, découverte, l’idée initiale se transforme au gré des confrontations, le spectacle représente toujours un combat extrême où s’affrontent les sensibilités.
"L’œuvre d’Art c’est une idée qu’on exagère" - Et de cette exagération née la dimension même du spectacle, sa valeur et sa possibilité à faire passer d’autres idées, d’entrer dans l’actualité, d’introduire un concept de beauté.
Ce concept est aussi soutenu deux fois par an par "les collections". Photographes, stylistes, mannequins et maquilleurs sont les partenaires de ces rendez-vous du style. Sur papier glacé les tendances s’affichent et s’imposent, véritables symboles des marques et de l’air du temps.
William, l’inspiration ? Comment, quand, par quels…mécanismes ?
Ceux de la vie tout simplement. No drugs ! Parole.
Les titres de vos derniers shows ?
- Entre ciel et terre.
- Choupettes show (oui, oui !)
- Femmes du monde
- Full moon party
- Radio Activity
- Fashion driver
- Hair-Force
- Reflect Machine.com
- Barock
Le mot de la fin ?
Le style est une question de vision et on y arrive par une technique maîtrisée….
Propos recueillis par Laure Lagrange.